lundi 7 mars 2016

"Et devant moi, le monde", l'autobiographie de Joyce Maynard


J'ai acheté cette autobiographie de Joyce Maynard il y a un moment déjà. Je voulais absolument l'avoir à portée de main car je savais que je la lirais un jour ou l'autre.
J'avais déjà lu avec beaucoup de plaisir la Joyce Maynard romancière et découvrir la vie de cette auteure que j'ai appréciée à chaque livre m'intéressait au plus au point.
Intérêt titillé également quand j'ai vu qu'elle a vécu dans sa jeunesse une histoire d'amour avec l'écrivain Salinger, ce que je ne savais pas avant d'avoir eu vent de cette autobiographie. Vent qui s'est rappelé à mon bon souvenir quand j'ai lu Oona & Salinger de Beigbeder, dans lequel ce dernier évoque avoir lu ladite autobiographie.

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vendredi 3 octobre 2014

"Wave", survivre à l'inimaginable et raconter l'impossible


"Le matin du 26 décembre 2004, un tsunami frappe l'Océan indien. Sonali Deraniyagala, en vacances au Sri Lanka, son pays natal, en réchappe miraculeusement. Mais, de sa famille, elle est la seule. La vague lui a pris ses parents, son mari et ses deux petits garçons.
Wave raconte l'histoire de ce jour, où elle a tout perdu, et de tous ceux qui ont suivi. Les mois, les années lorsque l'insupportable déchirement du souvenir succède aux premiers moments d'horreur."

Ce témoignage m'a rappelé celui d'Anne-Marie Revol, qui a confié dans Nos étoiles ont filé (clic), un drame un peu similaire. Le décès brutal de ses deux petites filles mortes dans un incendie de maison.
Alors forcément, j'ai fait une comparaison entre mes deux ressentis de lecture...

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vendredi 22 août 2014

Alors voilà, les 1001 vies des Urgences...


Pour maintenir en vie une patiente en stade terminal afin de laisser le temps à son fils qui est d'arriver, un interne aux Urgences lui raconte les histoires de boulot qui font son quotidien, celui de ses collègues et celui de leurs patients. Il lui fait le récit de la vie de ceux qui sont couchés et de ceux qui les relèvent.

Extrait p. 15 :
  "Je n'ai pas grand-chose dans la vie, mais j'ai des histoires. Je rencontre des gens couchés ou en fauteuil roulant, des existences qui interrogent mon humanité. Je ne suis pas égoïste : ces questions, je les partage avec d'autres patients. Je tricote entre elles des destinées humaines."

Baptiste Beaulieu, l'auteur de ce roman, 27 ans, est également interne aux Urgences. "Se nourrissant de situations bien réelles, vécues par lui ou par ses collègues, chirurgiens ou aides-soignants, Baptiste Beaulieu passe l'hôpital au scanner. Il peint avec légèreté et humour les chefs autoritaires, les infirmières au grand cœur, les internes gaffeurs, les consultations qui s'enchaînent, les incroyables rencontres avec les patients..."

Extrait p. 35 :
   "Qu'est-ce qu'être interne à l'hôpital ? C'est briser plusieurs années de tabous. Les selles, les urines, la sexualité, la perte des interdits fondamentaux. Personne ne nous prépare à cela, personne ne nous prévient que, au contact de nos frères ici-bas, il y a ce fait essentiel qui est de toucher le corps, de le regarder nu, sans fard, dans la vieillesse et dans la maladie.
    L'interne est jeune. C'est un homme ou une femme. Il/elle va à l'hôpital.
    Là-bas, il/elle voit.
    L'homme voit des sexes de femmes. La femme voit des sexes d'hommes.
    Vous savez quoi ?
    On met des tubes et des doigts dedans."

L'histoire de ce roman a en quelque sorte commencé sur un blog, Alors voilà (clic), fin 2012, sur lequel Baptiste Beaulieu partage ce qu'il appelle des tranches de vies hospitalières. Pour réconcilier soignés et soignants, pour dédramatiser l'hôpital, pour mettre en avant l'importance du soin, du relationnel dans la guérison et/ou l'acceptation de la maladie, il narre des histoires qu'il a vécues ou qui lui ont été rapportées.
Dans son livre, il a en quelque sorte lié le tout en y incorporant une trame de fond (l'histoire de la patiente qui attend la venue de son fils).
Extrait p. 81 :
   "On apprend des patients. Leurs expériences anciennes sont très souvent nos douleurs actuelles.
    Il y a une erreur, un biais initial qui fausse nos relations. Vous croyez que nous sommes là pour vous. Pour certains, c'est vrai. Pour beaucoup, c'est faux. Nous vous traitons, vous nous guérissez."
Extrait p. 208 :
   "Notre métier est avant tout une succession d'échanges enrichissants. Nous rencontrons des gens. Des corps malades, bien sûr. Mais des personnes. J'essaie chaque soir de faire l'inventaire des gens qui m'ont touché."

Mon ressenti... Humainement, très intéressant tout cela... Impossible de dire le contraire. De plus, c'est souvent drôle et même les cas dramatiques sont présentés avec une fatalité optimiste. Et Baptiste Beaulieu écrit très bien. C'est un scientifique doté d'une belle plume qui a l'art des belles phrases. Son récit regorge de plusieurs réflexions très percutantes sur son métier.
Littérairement parlant, cela fait un peu catalogue à la longue. À la limite de la répétition. J'avoue avoir été un peu lassée au bout d'un moment.
Néanmoins, impossible de dire plus de "mal" de ce roman tant l'objectif humain de l'auteur est louable.


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vendredi 25 juillet 2014

"L'Arabe du futur", dans la veine de "Persepolis"...


Riad Sattouf, auteur de bande dessinée et réalisateur, narre dans ce premier tome d'une trilogie sa petite enfance, entre Lybie, France et Syrie.
Né en France en 1978, d'une mère bretonne et d'un papa syrien venu étudier en France, il parle beaucoup de son père, enseignant universitaire, que sa famille suit  à l'étranger au gré de ses différents postes.
Il admire Kadhafi et Hafez Al-Assad, est "pour le panarabisme", "obsédé par l'éducation des Arabes", seul moyen de sortir de l'obscurantisme religieux. Son fils doit donc devenir un arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.
L'ouvrage est très riche en anecdotes, en description des us et coutumes des pays arabes.
Il y a de quoi regarder et de quoi lire et j'aime ça.


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vendredi 4 juillet 2014

Festival Aurélia Aurita !


En 2006 et 2007, Chenda (Aurélia Aurita) raconte dans Fraise et Chocolat son histoire d'amour avec Frédéric. Une histoire basée sur une passion, et un travail commun, la bande dessinée, à l'origine de leur rencontre, mais surtout, sur une sexualité épanouie et décomplexée.

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vendredi 20 juin 2014

"Bouche cousue" de Mazarine Pingeot, un témoignage émouvant...


Mazarine... un prénom qui se suffit à lui-même...
La jeune femme désire un enfant et éprouve le besoin de retracer pour lui son passé.
Son enfance très particulière, cachée, oscillant entre amour et admiration pour celui qui fut son père et incessantes craintes et souffrances quand celui qu'elle voit à la télévision - qu'elle reconnaît mais qu'elle ne connaît pas - fait des erreurs et est critiqué.
Elle évoque également sa "mise en lumière", projetée sous le feu des projecteurs alors qu'elle entre tout juste dans la vie adulte.
Les souvenirs lui viennent de manière désordonnée... "Je collecte pour notre futur album, avec un peu de précipitation, pas beaucoup d'ordre, est-ce que des souvenirs peuvent s'ordonner ?" (p. 119)

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lundi 3 février 2014

"Kinderzimmer", une chambre des nourrissons à Ravensbrück



Valentine Goby aborde ici, avec son huitième roman, un sujet qui m'intéresse toujours autant, dont je ne me lasse pas mais dont je ne suis pas experte et que j'aborde/lis avec parcimonie : les camps de concentration.

Un roman qu'elle a bâti sur la foi de témoignages de rescapées du camp de Ravensbrück.
Un camp de concentration situé à 80 km au nord de Berlin, spécialement réservé aux femmes et dans lequel vécurent aussi des enfants.


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mercredi 8 janvier 2014

"Young", la vie dessinée d'un champion de boxe, interné à Auschwitz


Né en 1911 à Tunis, Victor Young Perez est entré dans la légende de la boxe en 1931 en remportant le titre de champion du monde catégorie poids mouche.
Il détient toujours le titre de plus jeune champion du monde dans sa catégorie.
Il connaîtra la gloire, l'argent et l'amour dans le Paris des années 30 avant de voir sa carrière décliner.
Rattrapé par la guerre, il est interné à Auschwitz. Là-bas, il montera à nouveau sur le ring pour gagner sa survie en affrontant des soldats allemands, tel un gladiateur.

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vendredi 13 septembre 2013

"Mathilde", une collaboration choré-graphique*


Cette bande dessinée est le fruit de la rencontre artistique entre Mathilde Monnier, chorégraphe et directrice du centre national chorégraphique de Montpellier, et François Olislaeger, dessinateur.

Avant propos de Mathilde Monnier :
"Ma rencontre avec François se passe au Festival d'Avignon 2008 lors d'un des pots après spectacle au fameux jardin de l'Evêché derrière la cour d'honneur du Palais des Papes. Vincent Cavaroc, avec qui je travaillais me dit, il y a un jeune dessinateur qui veut te rencontrer. Il voudrait que tu le fasses danser.
Je reste sceptique, mais en le voyant, je change d'avis.
Il est charmant et doué. Quelques temps après je décide de l'inviter à dessiner pendant les répétitions de ma nouvelle pièce Pavlova 3'23.."


Avant propos de François Olislaeger :
"La première fois que j'ai vu un spectacle de Mathilde Monnier, j'étais ouvreur au Théâtre de la Ville. Tout de suite je me suis dit : j'adore ! Trois ans plus tard, en 2008, je dessine pour le festival d'Avignon et quelqu'un qui deviendra par la suite mon ami nous présente. Je sais qu'elle travaille avec des non-danseurs. Je lui demande si je peux danser mais ses castings sont bouclés. Nous décidons de faire un livre."

La danse, à priori, ce n'est pas spécialement mon truc. Mathilde Monnier ? Forcément, jamais entendu parler.
François Olislaeger, non plus vous me direz.
C'est bien la rencontre entre ces deux artistes qui m'a intéressée.

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vendredi 12 juillet 2013

"Pourquoi j'ai tué Pierre", une autobiothérapie en BD


Olivier Ka, écrivain jeunesse et scénariste de bande dessinée a été victime enfant d'une agression à caractère sexuel. Il a mis son histoire par écrit, par tranches de vie depuis sa petite enfance jusqu'à l'âge adulte, pour exorciser le traumatisme, pour pouvoir "tuer Pierre". Son ami Alfred l'a mise en image.
C'est sa psychanalyse, son autobiothérapie (source).

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lundi 3 juin 2013

Auschwitz expliqué à ma fille


Annette Wieviorka est une éminente historienne, spécialiste de la Shoah et de l'histoire des Juifs au XXè siècle. Des membres de sa famille sont morts à Auschwitz.
Elle est directrice de recherche au CNRS, a été membre de la mission d'étude sur la spoliation des Juifs en France et est l'auteure de nombreux livres sur différents sujets tels que Eichmann, le procès de Nuremberg, Auschwitz, Drancy, etc.

En 1999, elle participe à la collection Expliqué à de chez Seuil et publie Auschwitz expliqué à ma fille. Un condensé qui n'a pas pour sujet exclusif le camp de concentration d'Auschwitz, le termet devant être ici pris au sens générique et symbolique de destruction des Juifs d'Europe.

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lundi 3 décembre 2012

Les "Gaston et Gustave" chers à Olivier Frébourg

Histoire d'un drame personnel, d'une paternité et vibrant hommage à un père littéraire, Gaston et Gustave navigue ente le récit intime et l'essai littéraire.


Gaston, c'est l'enfant de l'auteur, Olivier Frébourg, écrivain et éditeur.
Il est né prématuré à l'hôpital de Dieppe, à la fin du mois de mai 2007. Arrivé sur terre en catastrophe à 26 semaines et demi de gestation, il a été transféré au CHU de Rouen. En dessous de 25 semaines, les enfants ne sont pas réanimés.
Gustave, c'est Flaubert, l'enfant du pays, né à l'hôtel-dieu de Rouen, fils et frère de chirurgien dudit hôtel-dieu. 
Sa statue trône à l'entrée du CHU dans lequel Frébourg se rend tous les jours pour aller voir son petit Gaston au service de réanimation néonatale.
Gustave, Olivier le connaît bien. Il lui voue une passion depuis ses 14 ans. C'est celui qui lui a donné envie de devenir écrivain lui aussi.

Parler de ce drame personnel vécu par l'auteur va donc être un prétexte pour nous livrer une biographie non officielle et non formatée du grand homme de lettres.

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mercredi 7 novembre 2012

Fresque autobiographique d'un maître du manga (Une vie dans les marges)


Non je ne suis pas devenue une fan de mangas.
Je ne connaissais pas non plus l'auteur, Yoshihiro Tatsumi, l'un des plus grands mangakas encore vivants, l'inventeur du gegika dans les années 50 (des mangas dramatiques, plus pour adultes, par opposition à ceux, plus comiques, qui étaient jusqu'alors surtout destinés à un public jeune).
D'ailleurs, je suis comme vous, je me mélange allègrement les noms des dessinateurs japonais et je n'arrive jamais à les retenir.
Pas de chance pour moi, Tatsumi en a côtoyé plus d'un !

Peu importe, je me suis jetée corps et âme dans la lecture du premier volume de cette autobiographie, qui en compte deux.
Hiroshi Tatsumi retrace sa vie et son œuvre sur une quinzaine d'années (Yoshihiro est un pseudonyme, si j'ai bien compris) à partir de ses 14, 15 ans, tout en ponctuant les pages de faits historiques et faits de société du Japon d'après-guerre, en pleine mutation.


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lundi 5 novembre 2012

"Tigre, tigre !", un témoignage dérangeant à lire


Margaux Fragoso, aujourd'hui âgée d'une trentaine d'années, nous livre son témoignage sur la relation tumultueuse et interdite qu'elle a eue 15 ans durant avec un homme de 44 ans son aîné.
Dit ainsi, cela pourrait presque paraître banal de nos jours mais si on ajoute que leur rencontre s'est passée alors qu'elle avait 7 ans et lui 51 ans, on voit tout de suite la nature du problème...

Un livre dont la chronique m'a donné du fil à retordre tant il est complexe et qu'il y aurait de choses à en dire.
Par quel bout l'attaquer, comment arriver à être synthétique avec cette histoire brûlante et même, comment parler objectivement de cette relation malsaine, physiquement et mentalement et aussi, comment en parler sans choquer ceux qui n'auront pas lu le livre ?
Vous me pardonnerez d'avance si je n'aborde pas tous les points du récit.

Un homme pervers qui a réussi à rendre amoureux de lui une gamine de 8 ans.
D'emblée, ça fait froid dans le dos.

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lundi 29 octobre 2012

"Le Fils" de Michel Rostain



Le Fils, c'est Lion, celui qui est mort à 21 ans mais qui continue d'être tellement présent auprès de ses parents, Martine et Michel.

Le Fils, c'est le narrateur de ce petit livre, celui qui s'exprime sous la plume de son père, celui qui nous fait le récit de sa mort, de la semaine qui l'a précédée et des jours après.

Michel Rostain, philosophe, psychologue, metteur en scène d'opéra et directeur de théâtre a connu le pire un samedi d'octobre 2003. Après 2 jours de fièvre et de vomissement, son fils unique est mort d'une méningite fulgurante à l'hôpital de Quimper.
Une mort brutale, douleur immense, la pire qu'un parent puisse connaître.

Des années après, par un procédé original, le père s'est glissé dans la tête de son fils pour mettre des mots sur cette tragédie, pour témoigner, pour aider.
"La mort fait partie de la vie, on peut vivre avec ça."


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lundi 1 octobre 2012

"Nuit", chef-d'œuvre incontournable d'Edgar Hilsenrath


Cet été, j'ai découvert Edgar Hilsenrath, un auteur juif allemand, né en 1926, aujourd'hui vieux bonhomme moustachu et bourru, encore trop méconnu en France.
Et pour cause.
Son œuvre, qui a pour toile de fond la Shoah et les ghettos juifs pendant la Seconde guerre mondiale, et qui est fortement inspirée de sa propre expérience, traite le sujet sur un ton tellement particulier, satirique et burlesque, qu'Hilsenrath a été pendant longtemps boycotté par les éditeurs.
Trop décalé, trop réaliste, trop cru, il "malmène l'image du juif-victime consensuelle d'après-guerre" (source : postface de l'éditeur) et ça, ça ne se fait pas.
Un auteur ici qualifié de "terreur dans la littérature de la Shoah".

Nuit est son premier livre et je n'ai pas peur de vous dire que c'est un chef-d'œuvre qu'il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie et qui a tout d'un livre qui devrait figurer dans les programmes scolaires d'histoire et de littérature, au moins en Allemagne.
Il a commencé à l'écrire après-guerre, émigré à New-York (ce qu'il raconte d'une manière relativement autobiographique dans le très déjanté Fuck America), a mis douze ans pour le terminer et a été publié pour la première fois en Allemagne en 1964.
Très vite, il est blacklisté.
"Vous ne pouvez pas écrire des choses comme ça" titre un hebdomadaire allemand (source).
Le livre fait scandale chez les Allemands repentants et nouvellement philosémites (source).
Il connaîtra par la suite le succès aux États-Unis et dans d'autres pays européens.
Il a fallu attendre 2012 pour qu'il soit enfin traduit en français. Merci les éditions Attila d'avoir sorti cette pépite du néant !
De même que Si c'est un homme de Primo Levi est un témoignage incontournable sur le sujet des camps de travail, ces centaines de pages-là balancent à la face du monde un aspect moins "médiatisé" de la traque des Juifs, les ghettos, certes d'une manière romancée, avec une réalité poussée à l'extrême, et avec des personnages fictifs, mais néanmoins, la parole d'Hilsenrath est très forte et se nourrit de tout ce qu'il a pu observer de plus horrible.

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vendredi 21 septembre 2012

Choisir la vie, en guise de réparation (récit de Colombe Schneck)




C'est le nom de cette journaliste connue qui m'a tout d'abord attirée vers le livre.

Colombe Schneck est juive et La réparation est le récit de sa quête sur l'histoire de sa famille, originaire de Lituanie (au nord-est de la Pologne), un pays qui abritait l'une des plus importantes communautés juive en Europe, et qui a été décimée à 95 % lors de la Seconde guerre mondiale.
A l'aube de cette période sombre de l'histoire, alors que Ginda, sa grand-mère maternelle était déjà installée en France depuis plusieurs années, les frères et sœurs de celle-ci veulent rester en Lituanie.
Malgré l'insistance de Ginda, malgré les menaces.
Très vite, ils sont obligés de rejoindre le ghetto de Kovno.
Certains membres de la famille "auront la chance" d'être sélectionnés pour aller dans les camps de travail et y survivront, les autres seront directement gazés à Auschwitz.
Raya et Masha, les deux sœurs de Ginda reviendront, leurs maris, leur mère, et Salomé et Kalman, leurs enfants, non.

Colombe Schneck est enceinte de son premier enfant quand elle entend parler de Salomé pour la première fois. Sa mère, Hélène, lui propose, comme si elle demandait une faveur, de donner à l'enfant ce prénom, si c'est une fille. C'était le prénom de sa cousine dont il ne reste rien précise-t-elle.
Une perche tendue pour le dialogue ?
Quoi qu'il en soit, Colombe ne questionne pas. Elle sait que cette enfant a un rapport avec la Shoah, que c'est extrêmement douloureux. Elle n'est pas prête à entendre.
C'est un fils qui naît et sa mère, Hélène, meurt peu de temps après.
Deux en plus tard, en 2003, Colombe Schneck met une petite-fille au monde, qu'elle décide de prénommer Salomé, sur les conseils d'une amie.
Elle se souvient alors de la promesse faite à sa mère, presque par hasard.
C'est le point de départ pour elle.
Il est temps de faire parler ceux qui restent, pour savoir.
Elle se lance sur les traces de l'autre Salomé, cette enfant dont il ne reste que 2 ou 3 photos noir et blanc.

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vendredi 6 juillet 2012

Un père, un fils, une histoire à transmettre (Maus)


Que dire de cette œuvre culte qui n'ait pas encore été dit ?
Je ne vous ferai donc pas une énième critique sur Maus, ce monument de la bande dessinée dans lequel Art Spiegelman raconte l'histoire de ses parents, Juifs polonais victimes des persécutions nazies, mais je vais me contenter de vous dire ce que j'en ai pensé, tout simplement.

Cette œuvre auréolée d'un prix Pulitzer en 1992 (Art Spiegelman est le seul dessinateur à avoir reçu ce prix), est parue sur plusieurs années, de 1981 à 1991, dans la revue de bande dessinée RAW qu'il a fondé avec sa femme (Françoise Mouly, éditrice) et en deux volumes, le tome 1 en 1986 et le 2 en 1991.
J'ai lu les 2 tomes avec plusieurs semaines d'intervalle ; emprunté le premier à la bibliothèque et acheté le deuxième (vous ne voyez donc que le 2 sur mes photos).

Il faut que je vous dise tout d'abord que j'ai mis du temps à me lancer dans Maus à cause des dessins.

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mercredi 27 juin 2012

"Si c'est un homme", un témoignage incontournable

"Si c'est un homme occupe une place centrale dans la littérature de témoignage sur l'extermination des Juifs d'Europe et l'univers concentrationnaire." (J.-B. Marongiu - Libération)



Après lecture, j'en suis également convaincue.

Sur les camps de concentration, on croit déjà avoir tout lu et tout vu, au collège et au lycée, dans les documentaires télévisés, etc.
En lisant le témoignage de Primo Levi, j'ai compris que je n'avais encore jamais vraiment saisi la réelle dimension dramatique du passage dans les camps de concentration et d'extermination.
Tout ce qui m'est déjà passé sous les yeux n'était pour ainsi dire que des instantanés, des photos de corps cadavériques et squelettiques derrière des barbelés, des clichés de baraquements désormais vides mais la lecture de Si c'est un homme m'a plongée dans la durée, dans la réalité quotidienne des hommes qui sont passés là-bas, et qui, pour beaucoup, en sont sortis par la cheminée (une métaphore couramment employée par les détenus des camps).

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lundi 18 juin 2012

Un bidonville aux portes de Paris...

Un bidonville en France ???



Dans le contexte du développement  économique d'après-guerre lié à la reconstruction, la main-d'oeuvre étrangère est accueillie à bras ouverts en France. Il y a du travail pour tous mais, malheureusement, pas de logements pour tous.
Nombre d'immigrés s'installent donc, provisoirement pensent-ils, dans des baraques, à côté des grands chantiers.
Pas d'eau courante, pas d'électricité, des murs et des toits précaires de tôle et de bois, c'est bien ce que l'on appelle un bidonville.
On  recense alors pas loin de 200 "îlots insalubres", grands et petits, autour de Paris.
En France, au milieu des années 60, on estime à environ 100 000 le nombre de personnes vivant dans ces bidonvilles.
Il faudra attendre 1970 pour que le gouvernement commence à prendre des mesures concrètes pour mettre en place une politique de résorption des bidonvilles et de relogement progressif des familles.

De 1950 à 1971, plusieurs milliers de personnes, pour l'essentiel venues d'Algérie et du Maroc, habitent le plus vaste et le plus insalubre des bidonvilles de Nanterre, baptisé La Folie, du nom de la gare voisine.
Un unique point d'eau pour huit à dix mille habitants...

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