lundi 26 décembre 2011

Blanche-Neige, tout ce que Disney nous a caché !

(sans aucune prétention d'analyse littéraire ou d'interprétation psycho-psychanalytique ;-))
Un très beau livre, que dis-je, un très bel objet, m'a permis de découvrir le véritable conte de Blanche-Neige, sensiblement différent de la version guimauve de Disney.


Benjamin Lacombe (voir ses livres) a illustré la version des frères Grimm, parue en 1812, inspirée très probablement par un mythe germanique.
Le livre est une pure beauté, alternant des dessins aux teintes froides rehaussés de touches rouges et des noirs et blancs. Trois doubles-pages, vers la fin du livre, sont de véritables tableaux.





Je suis tombée en extase devant la qualité du papier, épais et granuleux, qu'on ne peut s'empêcher de caresser.
Rien que pour cela, vous ne regretterez pas votre achat.

Dans cette version de Blanche-Neige, j'ai été surprise d'apprendre que celle-ci n'a que 7 ans quand la reine, sa vilaine marâtre, se met à envier sa beauté et devient folle de jalousie. C'est donc une enfant qui s'enfuit et trouve refuge chez les sept nains, et non pas une jeune femme comme dans le dessin animé de Disney. Donc même si elle passe quelques années à hiberner après avoir croqué la pomme empoisonnée (vieillit-elle ou pas pendant ce temps-là, on ne sait pas), c'est d'une très très jeune fille dont le prince tombe amoureux.
N'oublions pas que les temps changent et qu'à l'époque où les frères Grimm ont fixé le conte sur papier, au début du 19ème siècle, les filles étaient encore promises bien jeunes à ces messieurs.
On comprend que plus d'un siècle plus tard, Disney ait ressenti le besoin d'adapter un peu l'histoire, destinée avant tout aux enfants.

D'autres points ont également été revisités.
Ce n'est pas le coeur de Blanche-Neige que le chasseur doit ramener à la reine, mais ses poumons et son foie. Tout le monde sait que le chasseur n'a pas le courage de tuer la jeune fille et qu'à la place, il tue et ramène le coeur d'un... marcassin, et non pas d'une biche. Nettement moins glamour, avouons-le !
Pour couronner le tout, Disney omet de nous dire que la reine se fait cuisiner les (prétendues) entrailles de sa jeune rivale et qu'elle s'en repêt. Glups !

La méchante reine, qui est aussi sorcière à ses heures perdues, finit par avoir la blanche colombe en lui servant sa pomme empoisonnée. Là aussi, ce que ne dit pas Disney, c'est qu'elle s'y est pris quand même à trois fois pour la faire succomber.
La première, en se grimant en marchande qui vient lui vendre un joli lacet de soie. Elle l'aide à lacer son corset avec et serre tellement fort, qu'elle l'étouffe. Pas assez puisque quand les sept nains rentrent du boulot - ahi, aho - ils desserrent vite le vêtement et Blanche-Neige retrouve ses couleurs - façon de parler !



La deuxième, en se déguisant en autre vieille femme, venue lui vendre cette fois-ci un peigne empoisonné. Bien que plus qu'avertie par ses petits copains du danger qu'elle encourt si elle laisse rentrer quelqu'un, la demoiselle, se laisse encore une fois charmée par l'attirant petit objet et rebelote, elle perd connaissance quand la vieille glisse le peigne dans ses cheveux. Et elle est de nouveau sauvée par les nains.
La troisième fois est la bonne. La pomme empoisonnée est fatale.



Le sept nains construisent un beau cercueil de verre pour que tout le monde puisse continuer d'admirer la beauté de Blanche-Neige, toujours aussi magnifique, même plongée dans une profonde léthargie.



Son hibernation dure plusieurs mois et plusieurs années, quand un prince débarque dans le coin, tombe éperdument amoureux de cette splendeur immobile, au point de ne plus pouvoir s'en passer.
Il demande aux sept nains de lui céder le cercueil, contre la promesse d'y veiller comme sur la prunelle de ses yeux.
Les petits copains acceptent et là, tenez-vous bien, alors que les serviteurs du prince ont hissé le cercueil sur leurs épaules pour le transporter, ils trébuchent sur la racine d'un arbre, les gros balourds. La secousse est si violente que le bout de pomme empoisonné est éjecté du gosier de Blanche-Neige !
Comme de par de la magie, celle-ci se réveille alors.
Quoi ??? Comment ??? On m'aurait menti ???
Elle n'est pas réveillé par le baiser du prince ???
C'était tellement plus romantique, ce chaste baiser qui a fait rêver des millions de petites filles !

Et le final mes amis... grandiosement cruel !

Alors que le dessin animé voit la sorcière poursuivie par les sept nains, tomber dans un précipice, sous un orage hollywoodien, le conte traditionnel lui offre une toute autre mort.

Le prince et sa jeune bien-aimée ayant décidé de se marier, les invitations sont lancées dans tout le royaume et la belle-mère fait partie des convives. Comme son miroir lui a révélé que la jeune promise était mille fois plus belle qu'elle, malade de jalousie, elle ne peut s'empêcher d'aller faire un tour à la noce pour voir de ses propres yeux si la future mariée est bien celle qu'elle devine.

La fin, elle est tellement terrible que je vous la livre telle qu'elle est écrite dans le livre :
"Lorsqu'elle pénétra dans la salle de bal, la reine reconnut immédiatement Blanche-Neige. Elle fut pétrifiée de terreur. Mais déjà on avait fait chauffer sur des charbons ardents les pantoufles de fer réservées aux sorcières. On les déposa devant elle avec des pinces. La terrible marâtre dut chausser les souliers rougeoyants et danser, virer, tourner, tourbillonner au milieu des convives, jusqu'à s'écrouler, morte."

THE END, ça se termine comme ça !
Franchement, j'espère que mes enfants ne feront pas des cauchemars cette nuit !

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