vendredi 21 mars 2014

"Lâcher prise" de Miriam Katin, sur le chemin de la réconciliation avec son passé


Miriam Katin est née en Hongrie durant la Seconde Guerre mondiale. Elle a survécu à l'Holocauste en fuyant son pays dans les bras de sa mère. Elle a vécu en Israël puis émigré aux États-Unis en 1963. Elle a travaillé pour des studios de dessin animé et habite désormais à New-York avec son mari.
Miriam a raconté l'histoire de sa fuite de Hongrie dans sa première bande dessinée, Seules contre tous, en 2006, alors âgée de 63 ans. Une auteure de BD tardive !

Avec Lâcher prise (2013), elle aborde ses tourments personnels, quelques soixante années plus tard.
Le récit se passe à l'époque actuelle. Elle vient justement de publier son autobiographie dessinée dans laquelle elle raconte les atrocités dont elle a été le témoin durant la Seconde Guerre mondiale et son fils Ilan lui annonce qu'il désire s'installer à Berlin avec sa fiancée. Il sollicite son aide pour obtenir la nationalité hongroise et devenir ainsi membre de l'Union européenne.
C'est l'horreur pour Miriam qui continue de détester l'Allemagne et la Hongrie du plus profond de son être.
"Moi vivante, ça n'arrivera pas ! Ils ont voulu nous tuer !"




Le passé remonte à la surface et Miriam va devoir affronter ses démons intérieurs pour accéder à la demande de son fils. 
Elle en est malade dans un premier temps, passe son temps à gamberger, en discute avec son mari, avec sa mère, avec une copine.
Bravant ses préjugés, elle se rend une première fois visite à son fils à Berlin en 2009 et découvre une ville harmonieuse qui a fait le deuil de son passé douloureux.


Une seconde visite, à l'occasion de l'exposition de certaines de ses planches de dessin, sera nécessaire pour se confronter à son passé et arriver à le maîtriser (le fameux "vergangenheitsbewältigung" allemand)...


Je ne connaissais pas du tout cette femme ni son œuvre artistique et c'est vraiment par hasard que je suis tombée sur cette bande dessinée. J'ai été immédiatement séduite par le sujet, par l'humour et l'autodérision de l'auteure, et surtout par ces délicieux coups de "crayons de couleurs".


J'attends avec une grande impatience de pouvoir lire Seules contre tous.

À lire, ICI, une interview de Miriam Katin en 2009

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