vendredi 26 septembre 2014

"Villa avec piscine" d'Herman Koch... dérangeant et... malsain ?


À quelques semaines d'intervalle, j'ai lu les deux romans dérangeants d'Herman Koch, romancier Néerlandais.

Je n'ai pas été déçue par Villa avec piscine, je ne peux pas dire cela, mais j'ai préféré Le dîner.
Préféré les personnages, préféré la construction de l'histoire basée autour de ce repas au restaurant (une sorte de huis-clos).


Marc, le narrateur est un médecin généraliste, marié et père de deux filles de 13 et 11 ans. Assez désabusé, il prend le temps d'écouter ses patients mais sans les entendre vraiment. Et, chose relativement surprenante pour un médecin, il est assez dégoûté par tous ces corps humains dont il doit supporter la nudité et le toucher.
Dès le début, le lecteur apprend qu'il a quelque chose à se reprocher, plus qu'une erreur médicale apparemment, qui a mené à la mort Ralph Meier, un comédien, ami récent de la famille.
Marc va nous révéler les événements qui se sont déroulés dans l'année passée et qui ont conduit à la situation actuelle.
Dans Le dîner, il est question de violence physique et morale. Ici, sans trop en dévoiler, je peux vous dire qu'il est question de pédophilie (de l'attirance sexuelle des hommes pour les jeunes filles pubères plus précisément), mais pas que, et peut-être plus de loin que de près... Hum, hum, pas facile d'expliquer sans expliquer !
Il est surtout question de l'ambiguïté de l'âme de cet homme, Marc, qui reproche à l'acteur son attitude ouvertement prédatrice avec les femmes et en tire des conclusions hâtives, qui s'offusque précisément des regards salaces de celui-ci sur son épouse mais qui n'a aucune gêne à approcher la femme de l'autre et meurt d'envie de fricoter avec elle.
Marc qui catalogue les gens avec grande facilité, qui se fie aux apparences et qui semble prôner le "se faire justice soi-même".

Dans Villa avec piscine, j'ai été dérangée par certaines théories très tendancieuses et aventureuses véhiculées par l'ancien professeur de biologie médicale de Marc sur les relations hommes/femmes, sur la sexualité, sur la guérison possible ou non des violeurs d'enfants (cf p. 398 à 403), que le médecin généraliste semble avoir faites siennes (et l'auteur ?).
Sujet délicat, qui ne résume certes pas tout le roman, mais qui a tendance à marquer le lecteur.

Pour conclure, j'ai du mal à vous conseiller vivement la lecture de cette Villa avec piscine.
Je l'ai trouvé moins bon que Le dîner, moins bien construit, à la limite du malsain parfois. Et pourtant, je ne suis pas une chochotte... :-)


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