jeudi 22 septembre 2011

Sukkwan Island, pourquoi tant d'éloges ?

J'avais mis tant d'attente dans cette lecture au vu de toutes les critiques élogieuses qui ont en été faites... j'ai été déçue.

Pourquoi un tel engouement pour ce livre de David Vann ?

récompensé par le prix Medicis étranger en 2010
traduit en quinze langues dans plus de cinquante pays

Je devine bien évidemment pourquoi.
Le sujet même du livre (un père et son fils qui partent vivre pendant un an dans une cabane sur une île déserte - le mythe "Robinson Crusoe ?), l'atmosphère légèrement malsaine qui s'installe entre les deux personnages, le drame qui arrive là où on ne l'attend pas et la plongée que nous impose l'auteur dans les noirceurs de l'âme du père, comme si nous y étions. En plus, c'est un premier roman, directement inspiré par la vie personnelle de l'auteur !

Ma lecture a bien évidemment été prenante.
J'ai eu du mal à lâcher le livre, pressée que j'étais de savoir comment tout cela allait se terminer, pressée également de voir le récit décoller.
Mais je n'ai trouvé qu'une suite de faits tragiques, tristes à pleurer, mais qui ne m'ont pourtant pas donner en vie de pleurer. 
J'aurais certainement aimé un peu plus de psychologie et moins de descriptions brutes et morbides.
Trop de faits, que des faits, tue l'histoire, selon moi.
Mais bon, c'est certainement aussi ce qui fait la force, l'effet "coup de poing" de ce livre, ce que la plupart des lecteurs ont apprécié.
Beaucoup ont trouvé l'histoire bouleversante, dérangeante, la lecture douloureuse. Je comprends très bien pourquoi mais cela n'a pas été mon ressenti.
Peut-être l'histoire est-elle trop extraordinaire pour vraiment me toucher, bien qu'elle reste plausible.

D'un point de vue purement littéraire, je m'attendais à une petite touche d'optimisme, histoire de distiller un peu de lumière dans ce livre qui n'est que noirceur. Le récit aurait été moins monotone.

Quand je lis sur le site de l'éditeur que "Sukkwan island est une histoire au suspense insoutenable", je ne suis pas loin de crier à la supercherie. Tout y est prévisible, excepté l'abrupte tragédie de la fameuse page 113 (118 dans le format poche), qui arrive sans prévenir, je veux bien vous l'accorder.

Sukkwan island ne m'a emmenée nulle part, et ne m'a pas transportée tout court.

10/10 à la belle version poche qui vient de sortir
aux Editions Gallmeister


Et comble du comble, le nouveau roman de l'écrivain, Désolations, semble user du même schéma narrateur et présente de troublantes similitudes avec le premier. Encore une histoire de personnes qui vont s'isoler dans une cabane sur une île en Alaska, encore des maux de tête, des prénoms similaires (Rhoda, Gary, Jim), encore un dentiste ... et le titre du livre en anglais, tenez-vous bien, encore une histoire d'island (caribou island), ça ne fait pas un peu trop ? Je suis un peu perplexe.

Et une couverture qui ressemble comme deux goutte d'eau à la première

N'aurait-on pas attendu une histoire toute différente ? Où est l'effet de surprise ? Le lecteur ne va-t-il pas avoir l'impression de lire deux fois la même histoire ? David Vann n'a-t-il pas encore réussi à exorciser ses démons intimes avec son premier livre ?

Je serai volontairement partiale en ne mettant pas de lien vers les nombreux avis positifs (vous saurez bien les trouver). J'ai trouvé plus constructif de vous signaler les critiques un peu dissonantes :
 cinquième de couverture, Mille et une pages, Des petits riens (ne lisez pas cette critique si vous n'avez pas encore lu le livre et que vous projetez de le faire), Lectures Humaines

Je considère néanmoins Sukkwan island comme un bon livre donc je vous conseille la lecture. Mais sans plus.
Arrêtons de crier au génie.

N'hésitez pas à me faire part de votre avis, surtout si vous avez déjà lu ce livre et que vous l'avez adoré !
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