lundi 16 avril 2012

Haute fidélité


Réjouissant et drôle, même un peu cynique !

Ce sont les qualificatifs qui viennent à l'esprit immédiatement après avoir lu les premières pages du roman Haute fidélité de l'écrivain anglais Nick Hornby.
Mais aussi... musique pop, vinyles, filles, humour, cassettes, loosers, amour,etc.

Haute fidélité, Nick Hornby
1995

Quatrième de couverture :
« 1994, Londres, Rob, propriétaire d’une boutique de vinyles à Londres, vient de se faire plaquer par sa copine. A trente ans passés, il doit se rendre à l’évidence : s’il maîtrise sur le bout des doigts le répertoire de Bob Dylan, il n’a jamais rien compris aux femmes. Lui qui a toujours tout sacrifié sur l’autel du rock, serait-il passé à côté de l’essentiel ? »

Rob est donc en pleine remise en question de sa vie sentimentale. Il fait le point sur ses grands amours passés, qui le travaillent toujours des années après, veut leur régler leur compte pour y voir plus clair.
Il a 35 ans mais s'est toujours comporté comme un grand ado attardé, dont le jeu préféré est de dresser des listes de Top 5 ("Mes cinq meilleurs disques au monde, etc...") avec les deux employés de son magasin, de mépriser tous ceux qui ne partagent pas ses goûts musicaux, de refaire le classement de ses disques vinyles et d'enregistrer des cassettes de compilation, notamment pour draguer les filles.
Il refuse inconsciemment de s'attacher aux femmes et reporte toute son attention sur la musique pop et ses chers vinyles, sa raison de vivre et sa bouée de secours en même temps.
Finira-t-il un jour par grandir et par comprendre que ce "qu'on est a plus d'importance que ce qu'on aime" ?
Finira-t-il aussi par grandir et par maîtriser sa crainte de s'engager sur du long terme, son sentiment d"'être coincé", par peur de se fermer d'autres possibilités de rencontrer LA femme idéale ?


Haute fidélité est le premier livre que je lis de cet auteur et j'aurai grand plaisir à en lire un deuxième.
Oui, j'en reprendrai volontiers une dose car j’ai adoré le style très drôle de Nick Hornby, et moi qui lis beaucoup de romans avec des histoires de femmes, j’ai trouvé très amusant d’être dans la tête du mec, pour une fois.

Il y a de la répartie à toutes les pages, des phrases bien senties et plein de vérités qui vous font inévitablement penser, quand vous les lisez, « mais oui, c’est trop ça ! ».
C'est réjouissant et malgré le côté légèrement cynique sur les bords du personnage, on ne peut pas s'empêcher de s'attacher à lui (d'un côté, c'est fait pour) parce que mine de rien, il y a pas mal de situations qui nous semblent familières. Ou du moins qui nous rappellent vaguement certains épisodes de notre vie... Hum... je parle pour moi, mais je doute que je sois un cas unique... ;-)

Comme la passion de Rob est la musique pop, le livre est bourré de références musicales, la plupart inconnue pour moi. Rob m'aurait méprisée, c'est certain. Surtout s'il voyait les cassettes de compilation de musique que je faisais il y a encore 15 ans...

Mes chansons préférées du Top 50 que j'essayais de "piquer" à la radio
sauf que j'arrivais jamais à enregistrer le début car l'animateur blablatait toujours
sur l'intro musicale, jusqu'à la dernière seconde !

J'avais bien envie de vous mettre des paragraphes et des paragraphes d’extraits que j’ai retenus, sur lesquels j’ai souri voire plus. Je me contenterai de ces trois extraits.
Dès le départ, le ton est donné !

Extrait p.12 « sur son enfance » :
« Pour ce qui était des filles, l’ironie n’était pas notre fort. On n’avait pas eu le temps de s’y mettre. A un moment, elles n’existaient pas, en tout cas pas sous une forme qui retenait l’attention, et le moment d’après on ne pouvait plus les éviter : elles étaient partout, où qu’on tourne les yeux. A un moment, on avait envie de leur donner un coup sur la tête parce que c’était notre sœur ou la sœur d’un copain, et le moment d’après, on avait envie de... en fait, on ne savait pas de quoi exactement, mais c’était quelque chose, quelque chose d’énorme. En l’espace d’un mois, toutes ces frangines (seule espèce connue jusque-là) étaient devenues intéressantes, voire troublantes. »

Extrait p. 115 « le gars qu’est vraiment un gros mufle ! » :
« Quand j’ai vu Laura devant le magasin [la fille qui l’a largué], j’ai su absolument, sans le moindre doute, que je voulais qu’elle revienne. Mais c’est sûrement parce que c’est elle qui m’a rejeté. Si je réussis à lui faire admettre qu’il y a une chance de tout rattraper, ça me facilitera les choses : si je ne suis plus obligé de me faire traîner en me sentant blessé, impuissant, malheureux, je pourrai l’affronter. Autrement dit, je suis malheureux parce qu’elle ne veut pas de moi ; si je peux me persuader qu’elle veut un tout petit peu de moi, alors tout ira bien, parce que je ne voudrai pas d’elle et je pourrai continuer à chercher quelqu’un d’autre. »

Extrait p. 147 « le gars qui se torture l’esprit à propos d’une phrase que son ex lui a dite ! » :
« Pour commencer – en fait, pour commencer et pour finir – cette histoire de Ian avec qui elle ne couche pas. Comment être sûr qu’elle dit la vérité ? Elle peut très bien coucher avec lui depuis des semaines, des mois – qu’est-ce que j’en sais, moi ? Et de toute façon, elle a seulement dit qu’elle n’avait pas encore couché avec lui, et c’était samedi, il y a cinq jours. Cinq jours ! Elle a pu coucher avec lui cinq fois, depuis ! (Elle a pu coucher avec lui vingt fois, depuis, mais vous voyez ce que je veux dire.) Et même si elle ne l’a pas fait, elle menace de le faire, c’est clair. « Encore », ça veut dire quoi, sinon ? « J’ai pas encore vu Reservoir Dogs. » Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’on va y aller, non ?
« Barry, si je te disais que j’ai pas encore vu Reservoir Dogs, qu’est-ce que ça voudrait dire ? »
Barry me regarde.
« Ecoute... allez, quoi, qu’est-ce que ça voudrait dire, pour toi ? Cette phrase. « J’ai pas encore vu Reservoir Dogs » ? [etc., etc....]


A savoir : le livre a été adapté au cinéma par Stephen Frears en 2000, avec John Cusack dans le rôle de Rob.
Bande annonce ici, en anglais uniquement. J'ai l'impression que le film n'est pas sorti en France, mais je peux me tromper.
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