mercredi 12 septembre 2012

Un "Long week-end"... intense en émotions


Un beau moment et une belle surprise que ce roman de Joyce Maynard !
Une écrivaine américaine que j'ai découverte il y a peu avec son dernier roman paru en France, Les Filles de l'ouragan.

Une belle surprise car je n'aurais jamais deviné que j'avais affaire à la même auteure si je n'avais pas lu le même nom sur la couverture.
D'un côté, Les Filles de l'Ouragan est une histoire de famille, avec son secret que l'on devine vite, qui nous tient sur plusieurs dizaines d'années, et traitée de façon assez classique, donc sans surprise.
De l'autre, Long week-end est une sorte de huis-clos resserré sur une semaine et on ne peut présager dès le départ du déroulement de l'histoire.

Quelles sont vraiment les intentions de cet homme, Frank, que Henry, 13 ans, et sa mère Adèle rencontrent au supermarché ?
Cette dernière, qui vit seule avec son fils depuis que le père est parti vivre avec sa secrétaire, accepte de l'accueillir chez eux, sans se poser de questions.
Il s'avère que l'homme est un prisonnier (condamné pour meurtre) en cavale. Il est donc très vite recherché par toute la ville et toutes les polices mais il va rester une semaine à l'abri chez (ou avec) Adèle et Henry.
Prise d'otage, pas prise d'otage ?
La situation est étrange, ambigüe...

Le récit est raconté par la voix d'Henry devenu adulte. Il revient sur son passé, sur ses sensations et sentiments lors de ces quelques jours à la fin d'un mois d'août caniculaire, durant le week-end du Labor Day.
Quelques jours intenses où Frank est venu chambouler le quotidien de sa vie de famille.
Henri revient également, en filigrane sur le passé de sa mère, une femme fragilisée par la vie, devenue très solitaire et vivant quasiment cloîtrée chez elle, à laquelle le nouveau venu va apporter plus qu'une bouffée d'oxygène.

L'histoire est originale et belle.
Le ton est tour à tour grave et enjoué.
Joyce Maynard arrive à créer un suspense, non pas sur les évènements dont la fin n'aura rien de surprenant, mais autour des trois personnages principaux.
Vus sous l'angle de vision de l'enfant, avec son ressenti et ses analyses d'un gamin de 13 ans, ils se révèlent intrigants. 
Henry se questionne.
Frank leur veut-il du bien ou du mal ?
Les deux vivent une sorte de relation exclusive mère/fils alors même si Henry commence à s'intéresser au filles et aux choses du sexe, il s'inquiète.

Il s'inquiète pour sa place auprès de sa mère (complexe d'Oedipe, quand tu nous tiens...), lui qui la protège envers et contre tout (et tous). 
Il ne sait pas trop quelle posture adopter face à cet homme, malgré l'attirance qu'il ressent pour ce père de substitution providentiel parachuté dans sa vie, lui qui ne se sent pas du tout à l'aise avec son propre père et la famille qu'il a recomposée ailleurs.



Je ne ferai pas plus long car impossible d'en dire plus sans vous révéler des ressorts de l'intrigue.
Sachez juste que si vous avez pleuré comme une madeleine en regardant Sur la route de Madison, et même si je ne vous garantis pas les larmes avec la même intensité (remarquez, je n'ai jamais pleuré d'émotions en lisant un livre non plus), je ne peux que vous conseiller de vous procurer ce roman.
Tout en délicatesse, il est à dévorer sans hésitation.

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