lundi 11 mars 2013

"Te rendre heureuse", tout un programme de Christophe Tison...


Un roman qui m'a surprise car il m'a emmenée ailleurs que là où je pensais aller en lisant le résumé au dos de la couverture.
"Il a treize jours pour trouver une solution, treize jours pour tenter de comprendre cette énigme : pourquoi trompe-t-on ceux qu'on aime ?"
Surprise, oui mais pas forcément en bien.
Le sujet de départ était pourtant original, et c'est ce qui m'a attiré vers cette lecture.

Un homme, dont on apprendra au cours du récit qu'il se prénomme comme l'auteur (doit-on en tirer des conclusions quant à une certaine part autobiographique dans l'histoire ?), vient de passer la nuit avec sa nouvelle maîtresse, Alexandra, la femme de son patron. Il se rend alors compte qu'il a envoyé, par erreur, un SMS destiné à cette Alexandra à Lara, sa femme. Gloups !
Heureusement pour lui, moindre mal dira-t-on, celle-ci est à l'étranger, sans son téléphone. Elle ne lira le message que quand elle rentrera et qu'elle rallumera son portable. 
Christophe a donc quelques jours pour trouver une solution. Il tient trop à sa femme, dont il est toujours très amoureux.. Hors de question d'avouer son infidélité et hors de question qu'elle la découvre. Elle le quitterait aussitôt.

Quelques jours de répit. Treize jours.
Comme une période de latence, pendant laquelle son monde se suspend.

Une histoire que j'ai beaucoup aimée au début. Celle d'un homme qui profite de l'absence de sa femme pour la tromper, parce que la tentation était trop forte, et ce, même s'il lui porte un grand amour, c'est tout à fait plausible et dieu sait que ça existe.
L'auteur est malin parce que l'on apprend petit à petit le passé de ce Christophe, et on réalise qu'il n'est pas "blanc comme neige". Il a déjà trompé par le passé. Mais pas Lara. Avec elle, il pensait être guéri de ses vieux démons.
On apprend aussi petit à petit quel est son travail exact, même s'il n'y a aucunement lieu d'en faire un mystère.
J'ai aimé cette approche "en douce" du personnage, cette manière de ne pas balancer toutes les données dès le départ.
Là où j'ai commencé à être énervée (oui, carrément !), par le comportement du personnage, c'est quand il a commencé à fantasmer sur tout ce qui bouge, pardonnez-moi l'expression, et à flirter, et même plus, tout en continuant à déclarer haut et fort (aux lecteurs que nous sommes) qu'il aime sa femme plus que tout. Clairement perdu ! Victime d'un "complot de belles et déchirantes jeunes filles (p. 175), tiraillé entre l'amour et le désir... il désire des femmes comme une femme désire un sac lui dit un ami, "c'est de la consommation".
À quoi bon toutes ces bonnes résolutions, ces bonnes intentions si c'est pour adopter la seconde d'après (car c'est exactement cela dans l'histoire) un comportement complètement à l'inverse ?
Que doit-on en penser en tant que lecteur/trice ? On ne peut que conclure que Christophe Tison entretient plus que jamais la théorie selon laquelle les hommes ne savent pas contrôler leurs pulsions sexuelles ! (les hommes auront peut-être un ressenti différent... ;-))
J'ai trouvé ce personnage très incohérent et me suis dit qu'il avait vraiment du boulot s'il voulait vraiment la "rendre heureuse"...

Extrait p. 41 : "Tu as eu une aventure avec Alexandra ? avait demandé Lara. Non. Mais maintenant, j'en avais une, une possible. Et plus elle me paraissait possible, plus je la désirais. La jalousie et la peur infondées de Lara devenaient de plus en plus réelles. Un jour peut-être elle dirait : "Tu vois, j'avais raison", sans savoir que c'était elle qui avait déclenché le désir. Elle qui m'avait montré ce qu'il fallait désirer.

   Je n'y étais pour rien : c'est ce que je me répétais cette nuit-là pour me sentir moins coupable, cette nuit où l'obsession revenait, plus forte que moi. Je connaissais sa puissance. Cette chose ancienne qui m'avait déjà emporté. Je n'étais pas croyant mais machinalement je me mis à prier comme lorsque j'étais enfant. Prier pour qu'on me délivre et qu'on me protège de moi-même puisque, seul, je n'y parvenais pas. Ma volonté et ma profonde joie étaient d'aimer. Aimer sincèrement la femme que j'avais choisie et que je choisissais chaque matin. Mais mon désir était de la tromper. "Mon Dieu, aie pitié de moi, car mon âme est parmi les lions."

Je n'ai pas lâché le livre pour autant parce que c'est bien écrit et que j'avais mine de rien envie de savoir où allait nous mener cette histoire de SMS, et que de ce côté-là de l'histoire, le suspense est plutôt bien maintenu.
Malheureusement la fin est décevante et ne colle pas avec le reste de l'histoire. Je ne peux pas en dire plus car je ne veux pas dévoiler ce qu'il se passe mais c'est différent. C'est assez déroutant et en plus, il y a une happy end... vraiment facile...

Mon humble avis, très subjectif mais le plus objectif tout de même : plutôt pas mal au début mais assez décevant ensuite !

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