vendredi 13 septembre 2013

"Mathilde", une collaboration choré-graphique*


Cette bande dessinée est le fruit de la rencontre artistique entre Mathilde Monnier, chorégraphe et directrice du centre national chorégraphique de Montpellier, et François Olislaeger, dessinateur.

Avant propos de Mathilde Monnier :
"Ma rencontre avec François se passe au Festival d'Avignon 2008 lors d'un des pots après spectacle au fameux jardin de l'Evêché derrière la cour d'honneur du Palais des Papes. Vincent Cavaroc, avec qui je travaillais me dit, il y a un jeune dessinateur qui veut te rencontrer. Il voudrait que tu le fasses danser.
Je reste sceptique, mais en le voyant, je change d'avis.
Il est charmant et doué. Quelques temps après je décide de l'inviter à dessiner pendant les répétitions de ma nouvelle pièce Pavlova 3'23.."


Avant propos de François Olislaeger :
"La première fois que j'ai vu un spectacle de Mathilde Monnier, j'étais ouvreur au Théâtre de la Ville. Tout de suite je me suis dit : j'adore ! Trois ans plus tard, en 2008, je dessine pour le festival d'Avignon et quelqu'un qui deviendra par la suite mon ami nous présente. Je sais qu'elle travaille avec des non-danseurs. Je lui demande si je peux danser mais ses castings sont bouclés. Nous décidons de faire un livre."

La danse, à priori, ce n'est pas spécialement mon truc. Mathilde Monnier ? Forcément, jamais entendu parler.
François Olislaeger, non plus vous me direz.
C'est bien la rencontre entre ces deux artistes qui m'a intéressée.

Et pour le coup, j'ai été plus passionnée par le côté danse que le côté graphique de l'ouvrage.
François et Mathilde se voient au centre chorégraphique national de Montpellier que dirige celle-ci depuis 1994.


Mathilde raconte ses débuts dans la danse, à New-York, les différents spectacles qu'elle a conçus, sa relation avec sa petite sœur et son travail avec les autistes.


Mathilde explique la genèse de ses différents spectacles, le processus de création.
C'est une érudite, et ça se sent dans ce que nous retranscrit le dessinateur.
J'avoue, je n'ai pas tout compris à certains moments... c'était trop intellectuel pour moi ! ;-)

La chorégraphe a  travaillé avec Christine Angot et Philippe Katerine.
En cliquant sur les titres des spectacles, en dessous des images, vous tomberez sur des vidéos de ces créations. C'est très... contemporain, on va dire !
Je trouve le rendu en dessin par François Olislaeger très fidèle à la réalité. Bravo !

création de Christine Angot et Mathilde Monnier
création de Philippe Katerine et Mathilde Monnier

Pour autant, tout n'est pas d'intérêt égal, graphiquement parlant.
Trop de pages "vides" à mon goût, qui n'apportent strictement rien à la narration (je pense à des vues du centre national chorégraphique de Montpellier, à une double page sur un ciel, etc.) et n'étant pas passionnée par la danse, j'ai été un peu ennuyée par toutes ces pages où les mouvements sont rendus par des séquences de juxtaposition des corps dans différentes positions, lignes sur lignes.


D'un autre côté, je reconnais bien volontiers que cette variété dans le dessin fait aussi l'intérêt du livre.
Un ouvrage que j'aurais peut-être aimé un peu plus bavard, tout simplement sachant qu'il a été présenté plusieurs fois comme un ouvrage d'initiation à la danse et au processus créatif. Je suis restée sur ma faim.

MAIS... c'est un album très original, sur un thème peu abordé en BD (une pensée quand même pour le Polina de Bastien Vivès, que je n'ai pas encore eu envie de lire) et c'est donc un chouette cadeau à faire à tous les amoureux de la danse et à ceux qui sont sensibles aux belles choses...

* le jeu de mot du titre est emprunté à Libération (source)


Rendez-vous sur Hellocoton !