mercredi 14 mai 2014

"Meurtres pour rédemption", du gros, du passionnant, de l'addictif roman noir !


Oh que oui !!!
Cela faisait un bon moment que je n'avais pas été emballée de la sorte, du début jusqu'à la fin par un roman, policier ou autre d'ailleurs.
Ici, en l'occurrence, on est dans le polar, le roman noir et on est dans bien plus que cela.
Pour vous donner une idée de l'ambiance, Gérard Collard, dans sa critique dithyrambique (clic) parle d'un mélange de Voyage au bout de la nuit, des Liaisons dangereuses, de Roméo et Juliette version La Haine...
C'est le deuxième ouvrage que je lis de Karine Giébel et je veux bien croire que c'est son "chef-d'œuvre".
Du coup, je ne suis pas prête d'en lire un autre tout de suite. Trop peur d'être déçue !
En effet, difficile pour elle, j'imagine, de faire aussi fort que ce qu'elle a donné dans Meurtres pour rédemption.

On n'échappe pas aux personnages bien caricaturaux des méchants gardiens de prison bien méchants, des prisonnières qui sont de vraies crevures (je commence à penser sérieusement qu'ils sont certainement indispensables à la trame romanesque) mais aussi d'autres ont une personnalité plus subtile.
Il en est ainsi du personnage principal, Marianne de Gréville. Une révoltée, une orpheline de bonne famille qui rêvait de devenir championne de karaté, qui a mal tourné, s'est amourachée d'une petite frappe et qui a pris perpét' à même pas 20 ans pour le meurtre d'un papy et d'un policier et pour avoir blessé grièvement une fliquette enceinte.
Quel avenir pour elle ?
Comment retrouver un peu de liberté derrière les barreaux ?
Comment tenir dans l'enfer carcéral quand on est une telle écorchée vive, quand on est la proie de pulsions de violence irrépressibles et qu'on a du mal à contrôler sa force ?
En guettant le passage des trains, en s'enivrant du bruit de ces machines "symboles de liberté"... en lisant les ouvrages de la bibliothèque de la prison et en découvrant Steinbeck (et en me donnant envie de les relire au passage) ... en partant ailleurs grâce à des shoots d'héroïne...
En nouant des amitiés inattendues... en vivant la passion amoureuse, improbable elle-aussi... et quelle histoire d'amour ! À en faire trembler et pâlir les fillettes !

Vous vous en doutez, Marianne a un bon fond malgré les crimes qu'elle a commis, dont elle est prisonnière et qu'elle aimerait tant expier...
Marianne encaisse les coups... ceux d'autres détenues mais aussi ceux des surveillant(e)s... Elle en rend, au risque d'aggraver son cas à chaque fois... Elle est abonnée au mitard... Elle n'est pas au pays de Candy, ça non...
Un jour, elle reçoit une visite au parloir... La possible rédemption, et liberté, va venir d'une proposition... dangereuse, terrifiante, à quitte ou double...

Ce livre est gros... et on est heureux qu'il soit aussi long car cette histoire est addictive au plus haut point !
Et une telle histoire, il faut arriver à la tenir du début jusqu'à la fin quand on a l'ambition de s'étaler sur plus de 700 pages (pas loin de 1000 en édition Pocket)
Avec une préférence pour ma part pour la première moitié - et même un peu plus - qui se déroule en prison bien que la seconde soit partie soit tout autant passionnante puisque l'auteure réussit le tour de force de nous emmener dans une sorte de second roman, avec l'apparition d'un nouveau décor et de nouveaux personnages dans le quotidien de Marianne.

Meurtres pour rédemption est le chef-d'œuvre de Karine Giébel. Je n'arriverai pas à vous dire que c'est "un" chef-d'œuvre, que ça a été un "choc" (quoique pas loin, pas loin finalement...) mais impossible de bouder le grand, l'énorme, le gigantesque plaisir que j'ai eu.
Le style est simple et accessible, le livre est donc à conseiller sans aucune retenue, même aux plus réfractaires, au seul risque de les réconcilier avec le plaisir de lire !


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