vendredi 8 janvier 2016

"Titus n'aimait pas Bérénice", le roman que je n'ai pas compris...

Il aura fallu un roman qui m'a laissée complètement perplexe pour me donner envie de republier une critique ici. Grand merci Nathalie Azoulai. :-)

Perplexe et pas mal déçue. J'ai comme l'impression qu'il y a un peu tromperie sur la marchandise (pardon pour les grands mots). Comment penser autrement quand on s'attend (parce que la quatrième de couverture et le début du livre nous le laissent fortement supposer) à lire une "tragédie" contemporaine sur le thème de l'amour et de la séparation et qu'on se retrouve au final plongé dans une biographie romancée de Racine.


XXIème siècle. Titus quitte Bérénice. Il choisit de rester avec sa femme.
Bérénice cherche alors du réconfort dans la vie et l'œuvre de Racine, grand dramaturge du XXVIIème siècle. Elle s'identifie à la Bérénice de l'auteur (coïncidence des prénoms, un peu facile), elle-même quittée par un illustre Titus. Nulle doute que mieux connaître l'homme qui a donné vie à cette grande tragédie, qui a mis des mots sur les souffrances affectives des femmes, lui permettra à son tour de se dépatouiller avec le mal dont elle souffre actuellement.
Le postulat de départ est bien alléchant et j'avais réellement hâte de me lancer dans cette lecture au sujet au combien original.


Après une petite vingtaine de pages qui plante le décor actuel de la souffrance de la Bérénice version XXIème siècle, on plonge dans la petite enfance et l'éducation de Racine à Port-Royal. 
Et... toute la vie du monsieur suit.
Tout cela est extrêmement intéressant. Je vous avoue même que ça aurait pu me donner envie de lire du Racine.
Mais quid de l'histoire actuelle de Bérénice ???
Celle-ci n'est ensuite évoquée que durant un chapitre, situé au milieu du livre, et à la faveur de l'avant-dernier chapitre, pour nous apprendre que son Titus à elle est mort, qu'elle est enfin soulagée/libérée de cet amour. Finalement, il ne l'aimait pas. Voilà sa conclusion.
Pourquoi ? Comment ? Le rapport avec Racine et la Bérénice à qui il a donné vie ?
Rien du tout. 
Zéro analyse.
Le résumé au dos du livre nous dit que "Racine devient le partenaire d'une convalescence". Où est développée cette convalescence ?
Ça doit être tellement fugace que je n'ai rien capté.

Cette pseudo histoire de rupture amoureuse ressemble à un gros prétexte pour parler de Racine.
Très bien, et hyper intéressant, je le redis.
Mais pourquoi s'embêter à créer des personnages contemporains quasi inexistants et creux ?
Je n'ai pas compris.
Un exercice de style, sans doute.

Je suis bien embêtée du coup. Je ne sais pas si j'ai envie de conseiller ou pas la lecture de ce roman (plutôt "pas" en fait, pour être honnête).
Si vous voulez vous immerger un moment dans le XVIIème siècle, Racine, sa vie de courtisan, sa passion pour la langue, son amour pour le Roi, oui, vous aimerez.
Si vous pensiez lire une belle histoire qui vous éclaire sur les méandres, les raisons de la séparation amoureuse, vous ne pourrez être que très déçus.

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