jeudi 10 novembre 2011

Les livres d'Emmanuel Carrère au cinéma


 Toutes nos envies vient de sortir sur les écrans, une histoire librement adaptée par Philippe Lioret du livre d'Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne.


Pfff... elle nous assomme encore avec ce livre !

Hé, hé, minute papillon ! Ce n'est pas ma faute si les livres d'Emmanuel Carrère sont souvent adaptés au cinéma. Je ne peux m'empêcher d'y voir un certain de gage de qualité.
En tenant compte du fait que l'auteur s'est lui-même servi en réalisant  La Moustache, en 2004 .



Je n'ai jamais lu le livre mais j'ai vu le film il y a quelques années et, voyez comme je peux être très objective en ce qui concerne Emmanuel Carrère : j'ai trouvé l'histoire franchement bizarre et trop irrationnelle.

Avant, il y avait d'abord eu l'adaptation de La Classe de neige par Claude Miller en 1998.


Je ne l'ai pas vu mais je viens de terminer la lecture du livre et je vous avoue là aussi que j'ai moyennement aimé, même si je vois pourquoi ce récit a reçu tant d'éloges pour sa sobriété, sa précision et son atmosphère oppressante si habilement distillée.
Il faut croire que j'ai une nette préférence pour les récits autobiographiques de l'auteur.

Après, ça a été l'adaptation de L'Adversaire, en 2001 par Nicole Garcia, dont l'histoire se déroule, et a été tournée, dans une région où j'ai vécu quelques années, le pays de Gex.


Un film qui m'a fait froid dans le dos, tout comme le livre, que je n'ai pas encore lu, mais dont on dit qu'il est une adaptation fidèle.

J'irai certainement voir Toutes nos envies au cinéma si j'en ai l'occasion (c'est-à-dire s'il est programmé dans mon cinéma mais ce n'est pas gagné vu les comédies et les blockbusters qui sont en face et déjà cette semaine, c'est raté).
Je suis curieuse de voir le travail du réalisateur sur cette histoire qui, dans le livre, nous est racontée d'une manière très personnelle et très impliquée par l'écrivain. Je m'attends à trouver quelque-chose de différent car cet aspect intime qui lie Emmanuel Carrère aux protagonistes ne peut pas être rendu dans un film. Ou bien il aurait fallu qu'Emmanuel Carrère lui-même fasse une sorte de docu-fiction.

Extrait d'un reportage publié le 11/01/2001 sur le site de l'Express
« Revenons alors avant le début. En 2009. Welcome vient de sortir en France et, en un mois, il a déjà touché plus d'un million de spectateurs. Philippe Lioret, en pleine promotion mondiale, saute d'un avion à un micro et cherche un nouveau sujet. "Je veux parler des gens, il n'y a que ça qui m'intéresse", dit-il. Il lit, relit, tombe sur D'autres vies que la mienne, d'Emmanuel Carrère, y voit un beau texte mais trop "autocentré", lit encore, lit toujours et désespère. Les idées simples mettant parfois du temps à faire leur chemin, Emmanuel Courcol, le coscénariste, se rend un jour compte que, pour trouver matière à film, il suffit peut-être d'abandonner la première partie du récit d'Emmanuel Carrère et de n'en garder que la seconde. Bon sang mais c'est bien sûr. »

Le film ne parle donc pas de la première, et plus petite partie, qui se déroule lors du tsunami de 2004 en Indonésie mais de la seconde partie consacrée au travail de deux juges d'instance, un homme et une femme, sur des affaires de surendettement et de crédits à la consommation (j'ai trouvé cette partie du livre passionnante même si elle peut paraître incongrue dans le récit), mené de front avec le combat de la femme, Juliette, face à un cancer incurable.

Pour autant, si je vais voir le film, je m'attends à  découvrir quelque-chose d'assez différent par rapport à l'écrit car comme je l'ai dit précédemment, tout le côté "réflexion" du livre qui nous mène dans le fond des pensées de l'auteur, et qui fait aussi la force et la beauté du livre, doit être absent de cette adaptation, si on se fie à l'extrait de l'Express ci-dessus où le réalisateur juge le texte trop "autocentré". "Autocentré" certes, mais "trop", je ne pense pas. Enlevez tout ce côté nombriliste, le livre serait tout autre, et ne serait plus d'Emmanuel Carrère.

Enfin, j'irai certainement voir ce film car le réalisateur, Philippe Lioret, nous a habitué à de très jolis films : L'Équipier, avec Sandrine Bonnaire, en 2004, Je vais bien, ne t'en fais pas, avec Mélanie Laurent, en 2006, Welcome avec Vincent Lindon en 2009.
Cette fois-ci, on retrouve Vincent Lindon dans le rôle de Stéphane/Étienne, le juge boiteux (est-il aussi boîteux dans le film ?) d'Emmanuel Carrère et Marie Gillain dans celui de Claire/Juliette, sa jeune collègue atteinte d'un cancer, qui se lancent tous deux dans une passionnante croisade contre les grandes entreprises de crédit à la consommation.

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