lundi 23 septembre 2013

Et donc j'ai fini "Le roman du mariage"...


Ce ne fut pas une lecture harassante, loin de là, mais 552 pages d'une écriture dense, avec des chapitres très longs, ça ne s'avale pas en 3 jours.
J'ai juste eu besoin de 2 semaines pour venir à bout de ce roman de Jeffrey Eugenides...
Le roman du mariage est son troisième roman, sorti en 2011 aux États-Unis, après Virgin Suicides en 1993 et Middlesex en 2002.

Mitchell et Leonard aiment tous les deux Madeleine et Madeleine, quant à elle, n'est amoureuse que de Leonard.
Tel est le point de départ de ce gros roman.
Tous trois, étudiants au début des années 80 se sont rencontrés à l'université de Brown, à Providence, dans le Rhode Island.

L'histoire nous permet de les suivre à partir de la fin de leur deuxième cycle, et sa remise de diplômes, sur environ une année entière, avec des flashbacks réguliers dans le récit.
À l'issue de ses études, Mitchell, amoureux plus ou moins secret, part voir le monde pour se changer les idées. Paris, Venise, la Grèce, pour atterrir finalement à Calcutta où il sera bénévole 3 semaines durant au Foyer des mourants de Mère Teresa. Sur son chemin, il s'ouvre à la spiritualité.
Madeleine, la très positive et très psychologiquement stable, de son côté, vit une histoire d'amour torturée avec Leonard, atteint d'une psychose maniaco-dépressive. Malgré une sévère rechute durant l'été, en septembre, ils partent vivre en couple à Pilgrim Lake où Leonard, étudiant en science, a obtenu un poste d'assistant de recherche.

Une histoire présentée parfois comme un triangle amoureux, mais ce n'en est pas un.
Les deux garçons ne se connaissent pas, sinon de vue et de "réputation" et Madeleine, bien qu'ayant parfois une position ambiguë face à Mitchell, l'amoureux transi qui représente plus le gendre idéal aux yeux de ses parents, n'est pas amoureuse de lui mais bien de Leonard, l'amoureux fou.

Ce livre est un pavé, certes, mais j'ai été prise par l'histoire du début à la fin. Je n'irais pas jusqu'à dire que j'ai été passionnée, mais captivée oui.
Et ça se lit très très bien !
J'ai apprécié l'écriture réaliste et "jeune" de l'auteur. Quand il décrit les relations sexuelles des jeunes gens (il n'y a pas que ça) ce n'est pas édulcoré, ou survolé. C'est juste parce que ça rappelle des souvenirs !
Quand il détaille les effets secondaires de la prise des médicaments engendrés sur Leonard (prise de poids, tremblements, ralentissement de la vivacité d'esprit, estomac barbouillé), ça sonne vrai.

Le récit se décompose en 6 énormes chapitres, le premier faisant la place aux rencontres entre les 3 personnages, à l'université. On découvre la passion de Madeleine pour la lecture et la littérature victorienne. Mitchell, aussi littéraire, est de plus en plus attiré par les questions de théologie. Quant à Leonard, son domaine de prédilection est la biologie mais son cursus l'amène aussi à suivre un cours de littérature dans lequel il rencontre Madeleine.
La seconde partie, et les suivantes, entraînent les jeune adultes dans la "vraie" vie.

Dans les diverses chroniques que j'ai pu lire sur ce livre, j'ai trouvé des interrogations, voire des incompréhensions au sujet du titre de l'ouvrage, Le roman du mariage. En ce qui me concerne, je le trouve plutôt bien approprié, et bien plus encore en anglais The Marriage Plot.
Il y a bien une histoire de mariage entre Madeleine et Leonard et, de plus, le mariage dans la littérature, et plus précisément dans les œuvres de Austen, Eliot et James, est le sujet d'étude de la jeune femme. Donc pas de mystère pour moi.

La première partie centrée sur l'université, et ses cours, est l'occasion pour l'auteur de déballer des références littéraires, qui ne m'ont pas parues incompréhensibles mais qui m'ont un peu ennuyée.
C'était même parfois du chinois pour moi.
Heureusement, dès la seconde partie entamée, on change de monde. On entre alors de plein pied dans autre chose :  la maladie maniaco-dépressive dont est victime Leonard, qui alterne des périodes d'euphorie, jusqu'à leur extrême, avec des périodes de profond abattement.
L'auteur dépeint en long, en large et en traverse la manière dont il essaie d'y faire face, avec l'aide des psychiatres mais aussi tout seul, en régulant lui-même son dosage de lithium, mais aussi les répercussions sur son entourage proche. Sur Madeleine et sur les parents de celles-ci, très rétifs à l'union de leur fille avec quelqu'un atteint d'une maladie mentale.
Les parties consacrées à Mitchell et ses aventures de par le monde permettent de souffler, de sortir de cet univers un peu lourd.

Si on devait retenir un sujet principal pour ce roman, ce serait bien plus la maladie mentale en question que le mariage, c'est une évidence. On ne peut cependant le réduire à cela tellement l'auteur "ratisse" large, dressant une fresque où évoluent de nombreux personnages secondaires, famille ou amis, dans plusieurs lieux différents.


Je conseille donc ce Roman du mariage à tous ceux qui ont envie d'une longue lecture captivante façon fresque générationnelle !


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