lundi 13 février 2012

La pluie, avant qu'elle tombe

Un bien joli titre, quoi que très énigmatique, pour un tout autant joli roman.

Le titre est tiré d'un des dialogues du récit

Quatrième de couverture :
"Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. [...]
Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d'inscrire l'intime dans l'Histoire, l'obsession des coïncidences qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s'il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave et le plus poignant."

C'est avec un grand bonheur que j'ai découvert Jonathan Coe, écrivain britannique contemporain.

Connu pour Testament à l'anglaise et La maison du sommeil, il a également remporté un grand succès avec le  diptyque que forment Bienvenue au club et Le Cercle fermé.
Son oeuvre dépeint habituellement la société anglaise des années Thatcher et Blair d'une manière critique et sarcastique.

Jonathan Coe

La pluie, avant qu'elle tombe est d'un tout autre genre.
C'est une histoire de femmes, sur plusieurs générations, et point question ici de critique de la société.

« La pluie avant qu’elle tombe » est donc une sorte d’interlude dans la carrière de Jonathan Coe, quelque-chose de doux, de calme et d’inoffensif, le genre de texte qu’on a envie d’écrire pour se détendre avant de s’attaquer à un nouveau projet faramineux. En temps normal, afin d’expliciter le destin d’Imogen, une jeune fille aveugle adoptée et dont la famille originelle a perdu toute trace, l’auteur anglais aurait noircit des centaines de pages au sein desquelles se seraient accumulées descriptions méticuleuses, révélations inattendues et chassés croisés de personnages. Au lieu de ça, Jonathan Coe a choisi ici de raconter son histoire au travers de 20 photos destinées à Imogen afin de lui révéler ses origines, 20 photos qui sont décrites et enregistrées sur cassettes par Rosamond, la tante éloignée, avant que cette dernière ne mette fin à ses jours. Le procédé littéraire est attendrissant et permet en 20 scènes clefs de reconstituer une épopée familiale avec ses inévitables déchirements. Et il en résulte un joli texte plus poétique que d’habitude, empli de nostalgie et d’amitiés rompues. Un esprit « carte-postale » avec ses moments de grâce et d’instantané de vie. (source : Benjamin Fogel pour Playlist society)

Même si initialement je n'étais pas vraiment emballée par le procédé narratif basé sur une description de photos, j'ai été immédiatement embarquée par ces histoires de femmes.
Au départ des petites filles, victimes de l'absence d'amour maternel.
Une douce mélancolie se dégage au fil des pages de ce beau récit fait de secrets et de blessures.
J'ai fait durer le plaisir de cette lecture mais j'ai malheureusement été un peu déçue par la fin, trop facile.

La pluie, avant qu'elle tombe est néanmoins un livre que je vous recommande vivement.


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