mardi 10 juillet 2012

Sophie, une petite fille pas modèle, une enfant quoi !

Petite fille, je n'ai jamais vraiment lu Les malheurs de Sophie. Je me souviens vaguement d'avoir eu, une ou deux fois, une adaptation entre les mains mais pas plus.
Alors en cherchant un beau livre à offrir à ma fille pour son anniversaire, quand j'ai vu cette jolie petite bouille coquine couchée dans l'herbe verte, sur cet album grand format, je me suis dit "coup double !" : je vais à coup sûr faire plaisir à ma fille, tout en me cultivant !



La version joliment illustrée par Crescense Bouvarel propose une sélection des plus célèbres malheurs de Sophie, dans leur version originale.
D'où le langage d'époque (le livre est publié pour la première fois en 1859), plutôt soutenu, le vouvoiement des parents, et les tournures de phrases qui peuvent nous sembler lourdes maintenant.
J'ai donc régulièrement dû faire quelques traductions à mes enfants tout comme je leur ai expliqué certaines situations qui paraissent inconcevables de nos jours (les châtiments corporels ou bien quand la maman de Sophie, qui n'a que 4 ans, veut lui apprendre à coudre).
Dans l'ensemble, ils ont plutôt bien suivi et ont beaucoup aimé.
Rien d'étonnant !
Comment ne pas aimer cette petite fille qui fait bêtise sur bêtise, et pas des moindres !
Là on se dit "pourvu que ça ne leur donne pas des idées !"

L'épisode des "sourcils coupés"...
grand succès auprès de mon fils !

La petite Sophie ne manque pas de faire amende honorable à chaque fois. 
Et à chaque histoire, sa morale. Très très vieillot évidemment ce principe de tirer une leçon de morale de chaque incident et je ne suis pas certaine du tout que nos enfants méditeront dessus ! 
Non, je suis même sûre que ce n'est pas pour cet aspect-là que nos enfants aiment tous ces petits malheurs de Sophie !
Au temps de la comtesse de Ségur, les enfants étaient-ils plus réceptifs sur ce point ?
Le but premier de l'écrivain était-il avant tout de divertir ses petits lecteurs ou bien les leçons de morale primaient-elles ?
Bonne question... possible aussi qu'à l'époque toute littérature enfantine avait pour vocation première et essentielle de contribuer à l'éducation de l'enfant (il fallait lire utile).

La dédicace en début de livre donne le ton et ne laisse guère de doute quant au caractère autobiographique, direct ou indirect, du récit (et la comtesse de Ségur a donné son propre prénom à son personnage) :

À ma petite-fille
Élisabeth Fresnau

Chère enfant, tu me dis souvent : "Oh ! grand-mère, que je vous aime ! Vous êtes si bonne ! Grand-mère n'a pas toujours été bonne, et il y a bien des enfants qui ont été méchants comme elle et qui se sont corrigés comme elle.
Voici des histoires vraies d'une petite fille que grand-mère a beaucoup connue dans son enfance ; elle était colère, elle est devenue douce ; elle était gourmande, elle est devenue sobre ; elle était menteuse, elle est devenue sincère ; elle était voleuse, elle est devenue honnête ; enfin, elle était méchante, elle est devenue bonne.
Grand-mère a tâché de faire de même. Faites comme elle, mes chers petits enfants ; cela vous sera facile, à vous qui n'avez pas tous les défauts de Sophie.

Comtesse de Ségur, née Rostopchine

Un classique de la littérature enfantine, que les enfants liront toujours avec grand plaisir mais que les parents trouveront (de plus en plus) horriblement démodé !



Les malheurs de Sophie sont consultables en ligne ici, dans leur intégralité
mais sans les images, c'est moins bien pour les enfants !
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