lundi 12 novembre 2012

"The lovely bones" d'Alice Sebold


Suzie est une adolescente de 14 ans. Elle est morte en décembre 1973, violée et assassinée par un de ses voisins.
Mais elle n'en a pas pour autant fini avec sa "vie".
Du haut de son paradis, une sorte d'Entre-deux qui n'est pas encore vraiment le Paradis, dans lequel elle semble être toujours en étroite relation avec la Terre, elle peut maintenant voir et ressentir tout ce qui se passe ici-bas.
Et elle voit tout. Son père et sa mère Jack et Abigail Salmon, sa soeur cadette Lindsey et leur jeune frère Buckley, qui espèrent dans un premier temps que la disparition de Suzie n'est que temporaire et que l'inspecteur Len Fenerman, qui mène l'enquête, va la ramener saine et sauve.
Elle voit également son assassin, George Harvey, un homme solitaire, qui en vérité n'en est pas à son premier crime.
Qu'est-ce qu'elle aimerait mettre les siens sur la piste du coupable ! Et aussi de les aider à faire leur deuil...
Hélas, elle n'a évidement aucun moyen d'entrer en contact avec eux.
Enfin... peut-être bien... pour le savoir, il vous faudra lire l'histoire.
Cette histoire dont Suzie est la narratrice.

J'ai été un peu sceptique au départ, face à cette histoire de montée au paradis.
J'avais peur que le récit soit truffé de moments fantastiques et ésotériques.
Heureusement non, si l'on excepte quelques "apparitions".

On semble tout d'abord s'acheminer vers une sorte de roman policier teinté de touches d'au-delà.
Pourquoi pas !
Seulement, ce serait se faire une fausse idée.
Non, ce roman est avant tout une très belle histoire de famille, dont le titre original en anglais "The lovely bones" résume entièrement la teneur.
Cette "belle ossature", ce sont les liens de famille, de la famille de Suzie qui se sont décousus puis recousus, depuis qu'elle est morte. Tous les évènement qui se sont déroulés depuis, qui ont façonné le corps de cette famille et que nous voyons défiler à travers les yeux de Suzie.
Elle en prend conscience à la fin du livre, et c'est ce qui lui permettra de lâcher prise, d'abandonner enfin les vivants et cette nostalgie de sa vie passée, plus de 10 ans après sa mort.
Et c'est à la page 340 du livre que ce joli titre nous est expliqué :
   "C'était là la jolie ossature qui s'était construite de partout à la fois pendant mon absence, faite de structures parfois fragiles, parfois créées dans la douleur, mais souvent magnifiques, et forgées après ma disparition. Et je commençais à voir les choses sous un angle qui me permettait d'englober le monde tout en n'y étant plus. Les évènements façonnés par ma mort n'étaient que les os d'un corps qui se retrouveraient entier à quelque imprévisible moment du futur. Ma vie avait été le prix à payer pour qu'il me soit donné de voir ce corps miraculeux."

En français, le titre a été traduit par "La nostalgie de l'ange". D'accord pour la nostalgie, beaucoup moins pour l'ange car il n'est jamais question de ce mot dans tout le récit.

Je veux bien concéder que la position élevée de Suzie dans le ciel, et ce regard attentif et bienveillant qu'elle pose sans cesse sur sa famille correspond assez bien à l'idée que l'on peut se faire d'un ange si on devait en donner une description, mais je n'ai jamais senti que c'était l'intention de l'auteur de nous y faire croire.
Non, pour moi, le titre original est bien meilleur et colle parfaitement au message principal qu'Alice Sebold a voulu faire passer.

Excepté cette histoire de titre, j'ai été agréablement surprise par cette histoire et j'ai beaucoup aimé suivre les vies des membres de la famille de Suzie.
Les personnages sont beaux, les caractères du père et de la mère sont bien travaillés et bien plus intéressants que celui de Lindsey, la soeur de Suzie, qui est l'un des personnages les plus présents mais que j'ai trouvée finalement assez incolore.
J'ai juste été légèrement déçue par la fin, un peu trop irrationnelle à mon goût et un peu trop "happy end" à l'américaine.

Alice Sebold est américaine et The lovely bones est son premier roman, paru en 2002.
Dan son précédent ouvrage, Lucky, elle a parlé de sa propre expérience, victime d'un viol à l'âge de 18 ans.
Quelques mois après, elle a reconnu son violeur et a fait en sorte qu'il soit arrêté.
Nul doute qu'elle a puisé dans son vécu personnel pour bâtir son roman.

L'histoire a été adaptée au cinéma par Peter Jackson en 2009
comme on peut le lire sur la couverture de l'édition poche.

En parlant de couverture... vous avez remarqué, j'espère, que cet article n'était pas gratifié d'une photo personnelle de l'ouvrage ? Dites-moi oui sinon je rends mon tablier immédiatement. ;-)
La raison : la faute à ma maman qui est passée par là ce week-end, qui a vu le livre, a lu le résumé et a eu tout de suite envie de me l'emprunter !
Je venais juste de terminer ma lecture et je n'ai même pas pensé que je n'avais pas encore pris mes petites photos habituelles.
Grrr... j'm'en veux, j'm'en veux !
Ça met un coup de canif dans la belle unité que j'essaie de donner à ce blog. Arghhh...

En attendant le retour des belles photos, voici un cliché de mes prochaines lectures...
Je vais essayer de reprendre le rythme, parce que pendant les vacances, avec les enfants, c'était pas vraiment des vacances... (oh la mauvaise mère !)


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