vendredi 22 février 2013

Les aventures trépidantes d'Aya de Yopougon, welcome to Abidjan !


Aya de Yopougon est une série de bandes dessinées parues entre 2005 et 2010.
Sur une idée de Marguerite Abouet, directement inspirée par son enfance en Côte d'Ivoire, Clément Oubrerie (le dessinateur de Pablo) a mis en image la jeune Aya et ses copines, Adjoua et Bintou, à Yopougon, un quartier populaire d'Abidjan.

L'histoire se déroule entre la fin des années 70 et le début des années 80 et l'on suit les aventures trépidantes de ces jeunes personnes d'une vingtaine d'années mais aussi celles de leurs parents.
Comme le dit si bien Anna Gavalda dans sa préface du premier volume, "À Yopougon, c'est un peu comme le ranch des Ewing : ça bouge beaucoup !"
Au programme, beaucoup d'histoires de familles, d'histoires d'amour, d'histoires de filles.

Aya, c'est la bonne copine, la bonne oreille, la fille sage qui préfère travailler ses cours plutôt que d'aller "gazer" (sortir) avec ses copines. Elle veut étudier la médecine et ne veut pas être reléguée à la couture, la coiffure et au rôle de bonne épouse. Elle est témoin des petits "drames" qui agitent son petit monde, entre traditions et modernité : une copine enceinte, une autre trompée, des tentatives de mariages arrangés, un père volage et demi-frère et une demi-sœur qui font leur apparition, un prof qui la harcèle sexuellement, etc.
On ne peut pas vraiment dire qu'elle soit LE personnage principal. Les autres personnages sont tout autant présents au fil des pages, voire même plus selon les tomes. Aya doit plus être considérée comme un fil conducteur et si on devait définir un personnage principal en particulier, ce serait le quartier dans lequel se déroulent la plupart des aventures : Yopougon, rebaptisé Yop-city par ses habitants, pour faire comme dans un film américain !

L'ensemble est coloré, drôle et éminemment sympathique et a déjà fait le régal de nombreux lecteurs adultes mais aussi  plus jeunes. Vous ne trouverez rien de subversif, rien qui mérite un pictogramme du CSA. Si comme le dit Anna Gavalda, on se croirait dans Dallas, c'est tout de même un gentil Dallas light.  
Certaines critiques reprochent à cette série un côté un peu trop enfantin ou futile dans le propos, ce que je peux comprendre. Oui, c'est léger, et alors ? Le voyage proposé est joli et l'histoire est addictive :  mettez le nez dans le premier volume, vous ne pourrez pas faire autrement que de vous procurer les cinq autres !


Voici ce qu'en dit Marguerite Abouet : "Dans les années 1970, la vie était douce en Côte d'Ivoire. Il y avait du travail, les hôpitaux étaient équipés et l'école était obligatoire. J'ai eu la chance de connaître cette époque insouciante, où les jeunes n'avaient pas à choisir leur camp trop vite, et ne se préoccupaient que de la vie courante : les études, les parents, les amours... Et c'est cela que je veux raconter dans Aya, une Afrique sans les clichés de la guerre et de la famine, cette Afrique qui subsiste malgré tout car, comme on dit chez nous, "la vie continue"...
Le langage est le français parlé, pas compliqué, avec des expressions typiquement ivoiriennes, qui sont toutes expliquées à la fin de chaque volume, dans un lexique.
Mais croyez-moi, au bout de 6 volumes, les "gos stylées", les "maquis" et quelques autres n'auront plus de secrets pour vous. On se surprend même à avoir envie de ponctuer toutes nos phrases de "dêh" !



Les petits trucs à savoir sur la série.
Le duo Abouet/Oubrerie s'est formé au départ pour travailler sur les aventures d'une petite fille ivoirienne inventée par Marguerite, Akissi (qui ne connait pas Akissi ?). Clément Oubrerie avait fait quelques planches mais l'éditeur Gallimard a finalement voulu quelque-chose pour les plus grands. C'est comme cela qu'est née ensuite Aya.
Akissi a vu le jour après, sous les traits d'un autre dessinateur.
Aya a bien quant à elle une petite sœur qui se prénomme Akissi, mais le personnage est différent car les âges ne concordent pas (source).


Le premier tome d'Aya a été distingué au Festival d'Angoulême en 2006 par le prix du premier album.
La série est un succès en France mais aussi en Côte d'Ivoire. Elle figure parmi les meilleures ventes de la Librairie de France à Abidjan et Gallimard a fait des tirages spéciaux à couverture souple, afin de rendre les livres plus accessibles financièrement sur le marché africain.

Les deux premiers tomes de la bande dessinée ont été adaptés au cinéma par les deux auteurs. Le film a été projeté au Festival d'Angoulême en avant-première (clic) et sortira dans les salles fin avril.

Aya, Pablo, Jeangot, que de séries ! Mais il ne se repose jamais ce gars-là dêh !

Sur ce, je m'en vais me plonger dans Jeangot, le renard manouche. Je vous tiens au courant !

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