vendredi 30 août 2013

Emmanuel Pons vient de tuer sa femme, romanesquement parlant


Emmanuel Pons est artiste peintre en Haute-Normandie, dans la vallée de la Durdent.
Il est également auteur de chansons et de poèmes.
En 2006, il publie son premier roman, Je viens de tuer ma femme, que je suppose inspiré, bien évidemment librement, par sa propre vie puisque le personnage principal porte son nom.


Parce qu'elle le gonflait chaque jour et qu'il fallait que ça cesse, Emmanuel vient donc de tuer sa femme, pour de vrai, et pour l'instant, il le vit plutôt bien. 
Extrait p. 19 :
   "Le divorce ? Elle m'aurait tué plutôt que me perdre. Une liaison ? Elle aurait tué l'amante. Je n'ai vraiment pas eu le choix. N'importe quel juge comprendra ça. J'éviterai simplement de détailler le plaisir que j'ai pris à la tuer. Quand je pense que je peux rentrer ce soir quand je veux ! Qu'elle ne m'attend pas pour dîner, affamée, prête à me reprocher mon retard, et ressassant sa colère pendant tout le repas, jusqu'au lendemain matin. Que c'est bon !"

Il a bien l'intention de se livrer aux gendarmes mais avant, il tient à acheter des timbres pour les faire-part de décès et aussi à trouver la personne qui sera à même de recueillir ses confidences. Pas n'importe qui. Une personne qu'il apprécie.
Pas si facile !
À partir de là, les événements s'enchaînent, pas tout à fait comme il l'avait prévu.
Je n'en dirai pas trop mais Emmanuel va se retrouver en face de personnes pour le moins surprenantes (le mot est faible) et va se trouver en proie à des doutes. Il réalise notamment qu'il apprécie de plus en plus la "présence" de sa femme, toute refroidie qu'elle est au fond de son congélateur. Il ne s'est même jamais aussi bien entendu avec elle. Tu m'étonnes !!!
Extrait p.70 :
   "Je sens pour la première fois une vraie complicité entre Sylvie et moi. Je me suis confié à elle toute la journée. Elle m'a écouté sagement, en m'épargnant son "point de vue personnel". Elle ne m'a pas jugé. J'étais détendu. ça n'arrivait jamais "avant"."
Extrait p. 114 :
"Je te détestais il y a quelques jours, mais c'est passé bien vite. Il a suffi que je ne t'entende plus me houspiller sans arrêt et te plaindre sans cesse. Là, tu es celle que j'ai toujours aimée. Je te regarde et je me revois, jeune, amoureux. Je me souviens de cette sensation de boule chaude dans l'estomac quand je pensais à toi. Tu étais la princesse de tous mes fantasmes."

Vous l'avez compris, le ton de cet étonnant roman est celui de l'humour noir, macabre. Mais pas glauque.
Comme le dit l'éditeur, c'est un roman "où l'amour emprunte des voies bien surprenantes".


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