jeudi 3 octobre 2013

Juste à demi shocking...


Premier livre que je lis d'Alan Bennett - auteur anglais à succès depuis plus de trente ans - et j'en ressors avec une impression mitigée. Fatiguerait-il ? :-)

Alors que le résumé de la quatrième de couverture laissait présager deux histoires mises en parallèle - celles de deux femmes cinquantenaires - que je pensais suivre en alternance au fil des chapitres, j'ai eu la surprise de lire, bien deux histoires, mais complètement indépendantes.

Ce roman est donc composé de deux parties bien séparées. La première, la plus longue, présente le personnage de Mrs Donaldson, une veuve de 55 ans, à la vie jusque là bien rangée, qui va pimenter sa vie en allant travailler dans un hôpital, tenant le rôle d'une pseudo patiente auprès des jeunes étudiants en médecine qui s'exercent à établir des diagnostiques, sous la houlette du sarcastique Dr Ballantyne.
Par ailleurs, afin d'arrondir les fins des mois, et au grand dam de sa coincée de fille, elle loue une de ses chambres à un couple d'étudiants, lequel ayant certaines difficultés financières, lui propose un deal olé olé : assister à leurs ébats amoureux en guise de loyer. "D'avoir regardé ces jeunes gens faire l'amour était probablement le plus grand exploit qu'elle ait jamais accompli".
Cette première histoire cadre tout à fait avec le thème de la "libération sexuelle tardive" annoncée dans le résumé.

Ce n'est pas le cas de la seconde partie, ou alors je n'ai rien compris. ;-)

Mrs Forbes, elle aussi la cinquantaine, plutôt psycho-rigide, voit d'un très mauvais œil le mariage de son cher fils Graham avec Betty. Il est très beau et elle est moche. C'est une honte pour elle, même si la demoiselle est riche.
Graham travaille dans la finance et entretient des relations secrètes avec des hommes. À son grand étonnement, son mariage et les relations sexuelles avec Betty vont lui plaire et revêtir pour lui un petit "côté délicieusement criminel". La nouveauté l'excite !
La jeune mariée est bien loin d'être "l'épouse ignare et énamourée" dont elle tient le rôle à merveille. Elle est même une fine femme d'affaires.
Mr Forbes père s'en rend vite compte et se rapproche de Betty. Tout en continuant à entretenir des relations secrètes sur internet avec des jeunes femmes.

De Mrs Forbes, il n'en est pas question principalement dans cette histoire. Et s'il y a "libération sexuelle tardive" pour elle, celle-ci est évoquée à la fin, en une seule phrase.
Une fin d'histoire que j'ai d'ailleurs trouvée rapidement expédiée, à coups de secrets par ci et par là.

Autant la première histoire m'a carrément réjouie, avec son humour très pince-sans-rire, et j'aurais aimé qu'elle soit bien plus longue, autant la deuxième m'a laissée de glace et m'a tout juste fait sourire.

Allez, pour le plaisir, un extrait de la première histoire :

Extrait p. 39 : Mrs Donaldson est en train d'assister aux ébats amoureux de ses locataires

   "Bien que la plus grande partie de son visage fût enfouie entre les jambes de Laura, Andy surprit du coin de l'œil le regard concentré de leur logeuse et recula obligeamment sa tête en l'appuyant contre la cuisse de sa partenaire, permettant ainsi à Mrs Donaldson de jouir pleinement du spectacle.
  Ce geste inattendu provoqua chez Laura une série de cris rauques et saccadés, accompagnés de soubresauts frénétiques. Sans interrompre sa maœuvre, Andy brandit un pouce triomphant à l'intention de Mrs Donaldson avant de se redresser et d'entamer l'acte sexuel proprement dit. Cette intrusion inopinée déclencha chez sa partenaire une nouvelle série de cris encore plus frénétiques.
     L'acte sexuel standard était un phénomène vaguement familier à Mrs Donaldson, bien qu'il fût ici pratiqué avec une vigueur et des variations qu'elle n'avait jamais eu l'occasion d'expérimenter en personne.
     Le principe de base restait toutefois le même et elle se trouvait sur ce plan au moins en terrain familier, même si elle n'avait pas souvenir que Cyril eût fait preuve d'une telle imagination ni d'un pareil entrain, y compris dans les tout premiers temps de leur mariage. Et alors qu'Andy n'hésitait pas à s'encourager de la voix et à manifester bruyamment son plaisir, Mr Donaldson avait toujours conservé en faisant l'amour (si l'expression était appropriée) une mine impavide et un mutisme absolu."


Deux histoires d'une tonalité complètement différente et, comme bien souvent, le titre original en anglais colle bien plus au contenu que sa transcription en français : Smut : two unseemly stories
So shocking !... Mouais...


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