vendredi 4 janvier 2013

Après "Gemma", "Tamara" !


Conquise par le parfait équilibre entre le texte et le dessin du premier roman graphique de Posy Simmonds, Gemma Bovery, je n'ai pas tardé à me plonger dans son petit frère, le Tamara Drewe.

J'avais eu l'occasion de regarder à la télé l'adaptation faite par Stephen Frears pour le cinéma mais je ne me rappelle pas en avoir gardé un souvenir mémorable.
Avec le livre, j'ai retrouvé avec plaisir les dessins détaillés de Posy Simmonds qui m'avaient charmée une première fois.
Graphiquement, c'est donc toujours aussi beau. Le trait est toujours précis. Je n'ai pas noté de flagrante amélioration, même si une dizaine d'années sépare les deux ouvrages. Il faut croire que Posy Simmonds a été très tôt au top !
En revanche, cette fois-ci, la couleur est présente. Pas des teintes pleines et éclatantes mais de subtiles teintes de pastel qui donne à l'ensemble une finition supérieure à celle de Gemma.



Beaucoup de ressemblances entre les deux ouvrages.
Ressemblance évidente, dès le départ, dans les titres : deux noms et deux prénoms de femmes, en "a".
On se rend compte ensuite que les personnages eux-mêmes se ressemblent, tant au niveau des caractères que physiquement : les plus évidents, les deux héroïnes, Gemma et Tamara, d'un côté, et de l'autre, le boulanger Joubert et l'écrivain Glen Larson, tous deux à un poste observateur.
Les paysages se ressemblent : la campagne normande d'un côté et celle anglaise de l'autre, avec le village d'à côté ou la petite ville où on va faire les courses.
Et Tamara Drewe est une BD elle aussi librement inspirée d'un roman, un roman anglais du XIXème siècle, de Thomas Hardy.

Le scénario de l'histoire, quand à lui, m'a semblé un peu plus plus fouillé sans pour autant présenter de grands rebondissements.
Non rien d'extraordinaire dans cette histoire mais un tableau très plaisant d'une certaine société anglaise contemporaine, gentiment piquant.
Une retraite à la campagne pour écrivains en mal de calme et de retour aux sources afin de trouver l'inspiration, tenue par Beth Hardiman, qui est elle-même l'épouse d'un célèbre écrivain. Celui-ci l'a trompée plus d'une fois mais elle a à chaque fois pardonné, au nom d'une liberté qu'ils s'accordent mutuellement. Sauf que la liberté n'a marché que dans un sens jusqu'alors et qu'elle est surtout source de méfiance et de jalousie pour Beth.
Débarque un jour Tamara Drewe, belle et jeune journaliste londonienne, au nez nouvellement refait, qui vient prendre possession de la demeure voisine de celle des Hardiman, dont elle a hérité. Son arrivée pieds nus, en débardeur et mini-short produit son effet.
Tamara est une charmeuse, fait de l'effet à tout le monde et la tranquillité de ce petit coin de campagne anglaise va en être toute bouleversée...


L'histoire nous est racontée par le biais de 3 narrateurs différents : Beth Hardiman, l'hôtesse de Stonefield, qui dirige d'une main de maître sa retraite pour écrivains, Glen Larson, l'un des écrivains reçus à Stonefield,  un gros nounours, et Casey, une adolescente du coin, qui va se trouver mêlée à la vie de Tamara, bien malgré elle, par le biais de sa copine Jody, amoureuse du mec de Tamara, l'ex-batteur d'un célèbre groupe de rock.


Et les vaches, personnages incontournables dans toute campagne qui se respecte !
Très importantes ces vaches mine de rien ! Ah, il faut lire pour comprendre.

Une voiture de police, oh, oh...

J'ai aimé, oui, malgré les redondances entre les deux albums, parce que je suis complètement fan du genre "roman graphique" quand il est aussi bien illustré. 
J'ai hâte de lire bientôt, j'espère (quoi que, si elle en produit un tous les dix ans, je peux attendre encore un peu...), le prochain Posy Simmonds, en espérant juste qu'elle saura renouveler son sujet.

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